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L'élève réfugié

Stratégies favorisant l’inclusion

À vous d’adopter quelques-unes ou plusieurs des stratégies fournies dans les listes A à E qui suivent pour favoriser l’inclusion des élèves ayant un vécu de réfugié.

Merci de partager les idées, les approches et les projets qui vous avez expérimentés auprès des élèves réfugiés dans votre classe ou dans votre école. Envoyez une courte description de la stratégie utilisée à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

A : ÉTABLIR DES LIENS entre l’enseignant et l’élève réfugié

  1. Je rencontre la famille pour me familiariser avec le vécu familial et scolaire de l’élève.
  2. Je trouve des renseignements sur le pays d’origine de l’élève ainsi que sur ses valeurs culturelles et religieuses.
  3. Je fais des recherches pour connaître quelques mots dans la langue maternelle de l’élève (bonjour, merci, au revoir, etc.)
  4. J’identifie ce qui est unique chez l’élève et comment je peux le faire ressortir.
  5. Occasionnellement, je prends un repas avec un élève ou deux dans un endroit tranquille et j’en profite pour faire de la lecture de manière individuelle.
  6. Je m’assure de rencontrer chacun des nouveaux élèves à la porte de la classe ou de l’école chaque jour jusqu’à ce que l’élève se soit acclimaté à son nouvel environnement.
  7. Durant les premiers mois d’école, j’essaie de faire des compliments ou des éloges sur le travail de l’élève le plus souvent possible. Parfois les difficultés d’adaptation de certains élèves peuvent cacher le progrès qu’ils font, mais en observant bien, il y a toujours un point positif à faire ressortir pour chaque élève.
  8. J’essaie de sourire et de poser un regard positif sur l’élève.
  9. Je recours à l’humour et tente de faire rire l’élève au moins une fois par jour.
  10. J’établis un climat de confiance en associant le geste à la parole. Par exemple, si je dis à l’élève que je vais lui trouver des mitaines, je lui trouve une paire de mitaines.
  11. Je crée un lien positif en démontrant de l’intérêt pour l’élève.
    (Je souligne les choix judicieux qu’il fait, je lui dis que je comprends sa situation, je lui pose des questions pour le faire parler sur ce qu’il n’ose pas demandé lui-même, je lui rappelle que je suis là pour l’appuyer, je reste calme dans toute situation, je mets l’accent sur les solutions plutôt que les problèmes.)
  12. J’essaie d’éviter de fouiller le passé de l’élève, à moins qu’il aborde le sujet.

B : ÉTABLIR DES LIENS entre les élèves ayant un vécu de réfugié

  1. Durant les premiers mois de l’école, je crée des occasions pour permettre aux élèves de faire des activités ludiques (ex. : faire des constructions avec des blocs Lego, faire des casse-tête, jouer à des jeux de société, etc.) dans le but de favoriser des échanges dans un contexte léger et agréable et de développer des habiletés sociales (attendre son tour, partager, etc.)
  2. Je choisis des activités ou des projets en classe permettant la réussite de chaque élève.
  3. J’encourage les élèves à apporter des photos ou des objets de la maison qui les sécurisent et qui permettent de déclencher la conversation avec les autres.
  4. Le premier jour de classe, je jumelle le nouvel élève à autre un élève ayant un vécu de réfugié qui fréquente l’école depuis au moins deux ans. L’élève plus âgé devient l’ambassadeur du nouvel arrivant pendant une semaine. Il s’assure que le nouvel élève comprend l’usage et le fonctionnement des toilettes et le familiarise avec l’horaire (heures de dîner, horaire, casier…)
  5. Je prends une photo de groupe que j’appose sur le mur à l’entrée de l’école. Ainsi les élèves peuvent voir qu’ils font partie intégrante du groupe.
  6. Je prends la photo de chaque élève et l’appose près d’une carte du monde. Une corde permet de relier la photo de l’élève à son pays d’origine. À côté de chaque photo, j’écris le mot « bonjour » dans la langue maternelle de l’élève.
  7. Occasionnellement, je prends un repas avec un élève ou deux dans un endroit tranquille et j’en profite pour faire de la lecture de manière individuelle.
  8. Je m’assure de rencontrer chacun des nouveaux élèves à la porte de la classe ou de l’école chaque jour jusqu’à ce que l’élève se soit acclimaté à son nouvel environnement.
  9. Je trouve une personne qui parle la langue maternelle de l’élève si cela est possible.
  10. Je favorise l’apprentissage coopératif qui permet de créer des liens entre les pairs.
  11. J’identifie un élève qui peut devenir l’acolyte de nouvel élève et lui faire visiter l’école ou les alentours et lui apporter de l’aide au besoin.
  12. J’amène les élèves à comprendre que l’opinion de chacun est valable même si elle diffère de la leur.
  13. J’encourage et félicite les élèves chaque fois qu’ils partagent leur vécu ou leurs émotions, car cela crée un esprit de solidarité.
  14. Durant le temps de classe, je crée plusieurs occasions de travail en partenariat ce qui permet aux élèves d’interagir dans un environnement structuré.
  15. J’encourage les élèves à joindre des clubs sur l’heure du midi pour échanger avec les pairs de toute l’école. (Ex. : club d’échecs, de tricot, de gravure, etc.)
  16. Je crée des situations d’échange entre les groupes de divers niveaux dans l’école et les invite à bâtir un projet ensemble. (Ex. : Une fois par mois, les groupes peuvent explorer les principes du cercle du courage et créer un projet artistique ou autres pour illustrer un des principes.

C : ÉTABLIR DES LIENS avec d’autres adultes dans l’établissement

  1. Je m’assure de fournir de l’information pertinente à mes collègues pouvant éclairer le comportement d’un élève et de les sensibiliser au vécu des personnes réfugiées. La compréhension et l’empathie permettent de tisser des liens dans l’école et dans la communauté.
  2. Lorsque la situation le permet et que cela est approprié, je partage une information personnelle sur un enseignant qui est d’intérêt pour l’élève. (Par exemple, si l’élève aime les animaux, je lui dis que l’enseignant en éducation physique à un chien qui s’appelle Gros-poil. Cette information fournit un sujet de conversation aux deux parties et peut faciliter la communication et créer une complicité.
  3. J’initie un projet de classe où chaque élève doit concevoir une œuvre originale sur un thème inspirant (ex. : la maison de ses rêves). Les créations des élèves sont évaluées par des enseignants de toute l’école pendant l’heure du midi. Chaque élève est invité à présenter son projet aux évaluateurs. Cette activité permet de créer des liens entre les élèves et les enseignants de l’école, y compris ceux qui n’ont pas de contacts fréquents avec les élèves ayant un vécu de réfugiés mais à qui ils enseigneront peut-être un jour.
  4. Je participe aux rencontres d’information sur les enfants ayant vécu des traumatismes et je demande à la direction d’organiser du perfectionnement professionnel sur le sujet.
  5. Lorsque des personnes d’âge adulte viennent dans ma classe, je prends le temps de présenter chaque invité, un à la fois, pour que les élèves connaissent les « nouvelles » personnes qui s’ajoutent.
  6. Lorsque je m’adresse à un élève, j’en profite pour glisser un bon mot ou une information rassurante sur un collègue. Par exemple, je peux dire à un élève qu’il peut aller parler sans crainte à telle l’enseignante parce qu’elle est originaire d’ailleurs et qu’elle connaît bien les défis d’adaptation à une nouvelle vie au Canada. Cela permet à l’élève d’identifier des sources de soutien dans son entourage et de décider lui-même à qui elle/il veut se confier ou demander de l’aide.
  7. Je m’assure de présenter officiellement les parents et les élèves aux membres de la direction d’école et aux secrétaires. Ce sont des personnes clés dans la vie des élèves. Si cela n’existe pas déjà, je demande à ce que des photos des membres du personnel et leurs noms soient affichés à un mur de l’école afin de permettre aux élèves de connaître qui est qui dans l’école.

D : ÉTABLIR DES LIENS avec les membres de la communauté et les services communautaires

  1. Une fois que je commence à comprendre les besoins de l’élève, je recours aux diverses mesures de soutien offertes par le conseil scolaire pour soutenir l’élève et sa famille. Pour des pistes, consulter l’onglet Services d’appui pour les parents et la communauté.
  2. Je suggère des activités extracurriculaires qui sont d’intérêt pour l’élève (regroupement de jeunes, regroupement musical, etc.), des organismes (ex. : scoutisme, bénévolat, etc.) ou des spécialistes qui peuvent répondre à des besoins spécifiques (ex. : pour obtenir une bourse pour poursuivre ses études).
  3. Je comprends que la meilleure façon que je peux aider les élèves ayant un vécu de réfugié, c’est de recourir au réseau de personnes-ressources que je connais.

E : ÉTABLIR DES LIENS avec les parents

  1. Si le contexte est approprié, je fais des visites à domicile. La majorité des parents sont heureux d’accueillir l’enseignant dans leur foyer et d’exprimer leur désir de voir leur enfant réussir. Ils partagent aussi leurs craintes face au fait que leur enfant adopte les mœurs canadiennes ou doit apprendre l’anglais. Pour bien les rassurer sur ces sujets, la présence d’un interprète est parfois cruciale. Pendant la visite, j’apporte une photo de l’enfant prise en salle de classe pendant une activité. Cette photo représente un document d’importance pour les parents. Les parents comprennent ainsi qu’il n’y a pas de secrets dans la vie scolaire de leur enfant et que l’école et les parents sont avant tout des partenaires dans l’inclusion et la réussite scolaire de l’enfant.
  2. J’invite les parents dans ma salle de classe. Si les parents sont disposés à le faire, je leur fournis des occasions de partager leurs connaissances (ex. : faire la cuisine, du tissage, etc.)
  3. Je convie les parents à venir faire des lectures dans la salle de classe. Si je peux trouver des textes dans la langue maternelle des parents, j’en profite pour faire une activité d’éveil aux langues avec le groupe.
  4. J’organise un diner à la fortune du pot dans le gymnase en invitant les parents à concocter des plats de leur pays d’origine.
  5. J’organise des rencontres face-à-face avec les parents à la maison, à l’école ou dans la communauté pour établir des liens concrets. Je peux aussi lâcher un coup de fil ponctuel au foyer pour parler des progrès et des réussites de l’enfant.
  6. Si la communication (par visite ou par téléphone) est difficile à établir avec les parents à cause de leur horaire de travail, de problèmes de transport ou de la crainte de faire des déplacements ou encore de la nécessité d’un interprète, je propose la création d’un service qui s’occupe des liens foyer-école.

Source : Adapté de www.teachingrefugees.com (en anglais seulement) (consulté le 10 juin 2013).